Le marché français de la cession-acquisition de PME a connu un léger coup de frein en 2025. Voici ce qu'en disent les derniers chiffres disponibles, et ce qui se dessine pour 2026.
Un repli de 12% en 2025
Selon le bilan annuel des opérations de cession-acquisition, le marché a enregistré 1 076 opérations en 2025, contre 1 226 en 2024, soit un recul d'environ 12%. Ce repli s'explique avant tout par deux facteurs conjugués : l'instabilité politique de la période et un ajustement à la baisse des niveaux de valorisation par rapport aux années précédentes.
Ce recul du nombre d'opérations ne signifie pas pour autant que les acquéreurs se sont retirés du marché. Il traduit plutôt un écart de perception sur les prix entre vendeurs et acheteurs : un écart qui met mécaniquement du temps à se résorber, comme on l'observe classiquement sur les marchés peu liquides.
La Tech résiste, voire progresse
Tous les secteurs ne sont pas logés à la même enseigne : le segment technologies, médias et télécommunications a enregistré 448 opérations en 2025, en hausse de 21%, alors même que le marché global se contractait.
C'est le signe que l'appétit des acquéreurs reste sélectif plutôt qu'en berne. Les actifs jugés solides continuent de trouver preneur à des conditions correctes, pendant que les dossiers plus fragiles peinent à passer. Cette polarisation entre actifs de qualité et le reste du marché est l'une des caractéristiques les plus marquantes de la période.
Un potentiel de transmission largement sous-exploité
Sur le fond, la dynamique structurelle du marché n'a pas changé : selon Bpifrance Le Lab, environ 370 000 PME et ETI françaises seront à transmettre d'ici 2030, soit un potentiel théorique de l'ordre de 74 000 transmissions par an.
Au rythme actuel, seules environ 130 000 sont effectivement transmises sur 5 ans, ce qui laisse chaque année entre 15 000 et 37 000 opportunités de cession sans repreneur identifié. D'ici 2026, plus de 600 000 dirigeants de PME et ETI françaises auront par ailleurs dépassé 60 ans selon les estimations de Bpifrance Transmission.
Pourquoi l'écart persiste
Le décalage entre intention et passage à l'acte reste considérable. Les études de marché montrent qu'une part significative des dirigeants de plus de 60 ans déclarent vouloir céder dans les deux ans, mais que moins de la moitié l'a réellement fait deux ans plus tard. Méconnaissance du process, sous-estimation des délais, difficulté à trouver un repreneur crédible : les causes se cumulent.
Ce qu'on peut attendre de 2026
Plusieurs analystes du secteur anticipent une reprise progressive de l'activité en 2026, portée notamment par l'anticipation de l'échéance présidentielle de 2027, qui pousse historiquement certains dirigeants à accélérer leurs projets de cession avant un nouveau cycle politique.
À l'inverse, des facteurs comme la tension sur les prix de l'énergie ou la poursuite de l'instabilité intérieure pourraient continuer à peser sur la confiance des acquéreurs. Le scénario le plus probable reste donc celui d'une reprise graduelle et sélective plutôt que d'un rebond généralisé.
Ce que ça change concrètement pour un dirigeant
Pour un cédant, le message principal est que la préparation compte plus que le timing de marché. Dans un marché sélectif, ce sont les dossiers documentés, avec des comptes lisibles et une dépendance au dirigeant maîtrisée, qui se vendent : le calendrier macro joue un rôle secondaire face à la qualité intrinsèque du dossier.
Pour un repreneur, la période est plutôt favorable sur les petites opérations, où la pression concurrentielle des fonds d'investissement reste faible et où le volume d'opportunités non pourvues demeure élevé.
En clair : l'écart entre le nombre de dirigeants qui devront transmettre et le nombre d'opérations réellement bouclées chaque année reste considérable. C'est précisément l'espace dans lequel une mise en relation directe et outillée entre cédants et repreneurs a le plus de valeur à apporter.
